GALERIE

QUATRES FENETRES

 

Le travail des "Quatres Fenêtres" est en raisonnance avec la poésie de Michel Jausserand (1922-1991), ami de l'artiste, Architecte Urbaniste et ancien Directeur de l'Ecole Spéciale d'Architecture de Paris (1969-1972).

 
 
 

ARCHETYPES

 

«L'homme de la forêt sait qu'il n'y a pas de ligne droite dans l'océan uniformément vert de la mangrove palustre. Ici le nord polaire est caché par les superstitions et les branches des grands arbres séculaires. Pour s'orienter l'homme sauvage - sylvestre littéralement - a besoin de flèches, d'arcs pour marquer l'espace de ses tracés. Les miroirs pyramidaux, les collages truffés de signes cursifs ou hyéroglyphiques ont trouvé "demeure" où ils puissent se donner au regar initié.»

 

NDJEHOYA, Blaise. Extrait d'Identités Remarquables ; Mai 1996.

BATO IVRE

 

« Le travail des peintres est bien de nous emmener en bateau, transport de lumière, ébauche de couleurs, toutes ces choses que le profane peut déjà repérer dans la bande dessinée ou dans la photographie sans pour autant reconnaître un vrai BATO d'un autre à vu d'oeil, comme on dit. Pour avoir approché BATO qui signe ainsi ses toiles, je peux risquer quelques clichés ramassés à Saint Etienne dans son atelier où je logeais seul parmi totems, fenêtres qui ouvrent sur des portraits, aphorismes scotchés sur des murs graffités à saturation. La nuit, lorsque le compact disc se met à diffuser des coeurs pygmées, que l'atelier tangue et chavire, l'impression du mal du mer vous saisit à la vision des ombres chinoises, vous vous dites que vous êtes ivre et que vous n'auriez pas du vous laisser embarquer dans la nef des fous. »

 

NDJEHOYA,Blaise. Extrait de Bato Ivre ; Juin 1991.

FIGURES

 

« Vrai sa galerie de portraits témoigne bien de ces conditions particulières de production, qui font l'insaisissabilité et l'impertinence de la peinture de Bato pour une critique qui ne se soucie plus autrement, et avec raison, des conditions de lisibilité d'une oeuvre depuis q'un salami, bien commenté, peut trouver collectionneur. Ce qui l'intéresse dans les formes du monde, dans la figure des ses contemporains qui sont pour la plupart des créateurs, c'est la constitution à travers les spécificités de la matière utilisée (huile, huile et acrylique), d'une surface où la fulgurante colorée saisit et fige des attitudes, des postures - attitudes de ses fonds peints par pans empilés graffités, le volume du décor cédant la place au scripturaire; postures de ces corps érigés à retenir un instant la coagulation du montage qu'ils évident, fixes, ordonnant le foisonnement des couleurs vibrionnaires.»

 

RIVRON, Serge. Extrait de Histoire de Bato le nègre qui peint ; Avril 1987.

PAYSAGES

 

« Le problème essentiel pour moi est la peinture, et la peinture, comme je l'entends n'est pas une provocation ; elle n'est pas non plus la raison de digression. Peindre est un acte de foi... Parce que peindre commande l'ascèse. L'ascèse grise, terne comme celle Rouault ; dévorante, excessive comme celle de Gauguin... Elle peut être aussi sage, assidue, familiale, quotidienne comme celle de Matisse. C'est à chaque artiste de choisir, mais d'une façon ou d'une autre, elle doit être ; parce que peindre ne doit être ni une problématique de galerie, une stratégie commerciale, un profil de carrière, une magouille ou un pis allé. La peinture doit être un acte de foi... Et si je dis tout cela, c'est parce que je sais des possibilités multiples qui s'organisent autour d'une foi, que souvent j'ai oublié de forger. J'ai conscience qu'il faut forger chaque jour...Je n'ai plus rien à dire...Peignons ! Pour mille raisons et une entre mille... Je crois que je suis peintre.

 

BATO. Extrait du magasine ; Kulture à l'oeil ; Numéro 0.1 ; Juin 2007, 119 p, p. 19.

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